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Les Rencontres Lecture rassemblent chaque mois à Venerque, depuis plus de vingt ans, des lecteurs : les discussions s'animent autour d'un ouvrage (roman, essai, poésie...) choisi par le groupe, et, occasionnellement, des échanges sont organisés avec des auteurs (Marie Didier, Yves Le Pestipon, Minh Tran Huy, Michel Moner, Violaine Bérot...) Ces réunions sont ouvertes à tous !

Le printemps

Publié le 27 Avril 2020 par AdminRL dans Poésie

Le printemps

 

    Il revient, il revient sûrement, le printemps.

 

    Et toi qui étais si fatigué, ouvre les yeux, regarde vert, le vert des prés qui traverse l’aube.

 

    Par delà comme une nuée d’abeilles le saule s’enivre. La grive là-bas aiguise le temps,

    le merle file l’eau, le vent de quelque part s’approche. Donne-m’en !

 

    Le soleil, la pluie, le vent, j’en veux ! S’ouvre la terre. Elle sent la graine sous sa peau

    qui travaille. La racine s’est éveillée. La larve qui dormait aux profondeurs,

    l’aile lui germe, je l’entends feuille double qui monte pour s’ouvrir dans la rosée.

 

    Le soleil brille, donne m’en ! IL s’étend sur le dos, il rit à se décrocher la mâchoire.

    Terre ! Tu fleuriras. Du plus noir de la nuit gonfle ton souffle.

 

    Et le printemps reviendra certes. 

 

Marcelle Delpastre, traduit de l'occitan (limousin) en français par elle-même.

" Née et morte à Germont, commune de Chamberet en Corrèze où elle a toujours vécu, Marcelle Delpastre est un auteur majeur de la littérature occitane contemporaine. En occitan comme en français, elle s'est illustrée dans tous les genres: poésie, contes, mémoires,ethnographie, etc.  "  (Charles Camberoque)

 

La prima

 

    Tòrna be, tòrna plan, la prima.

 

    Etu qu'eras tan desprimat, duebre los uelhs e 'viesa verd, lo verd daus prats que traucha l'auba.

 

    Per delai coma un fum d'abelhas lo salé s'esniura. la trida alaens 'gusa lo temps,

    lo merle fiala l'aiga, lo vent segur d'en quauqu'un luec s'aproisma. Balha-me'n !

 

    Lo solelh, la plueja, lo vent, ne'n vòle ! - s'esbandis la terra. E sent la grano jos sa peu

    que trabalha. La raiç se's desvelhada. E lo varun que durmia priond,

    l’ala li germena, l'auve montar fuelha dobla per se dubrir dins la rosada.

 

    Lo solelh raia, balha-me'n ! S'estend sus l'eschina, ritz que se'n esbadalha.

    Terra ! Que floriras. Dau pus priond de la nuech ufla tun alenada.

 

    E la prima tornara be.

 

Marcelle Delpastre

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La patience

Publié le 20 Avril 2020 par AdminRL

 

« La Patience - a une Apparence paisible-

La Patience - Regarde au fond-

C’est la force futile d’un insecte

Entre deux- Infinis-



Fuyant de l’Un - à l’Autre

S’élançant sans succès -

La Patience - c’est l’effort de Sourire

Au milieu des frissons. » 

 

 

" Prisonnier ne seras -

Là où la Liberté -

Elle même - demeure en Toi - "

 

Emily Dickinson, in Quatrains et autres poèmes brefs

 

 

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Ma liberté

Publié le 1 Avril 2020 par AdminRL

Ma liberté étend celle des autres à l'infini.

Si on transforme l'autre en objet, on cesse soi-même d'être sujet. C'est ce que dit la raison du poème.

Tout poème est un augmentateur d'infini.

Tout poète est une expérience incarnée de l'infini.

 

Serge Pey, in "Lèpres à un jeune poète - Principes élémentaires de philosophie directe"

 

 

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