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Les Rencontres Lecture rassemblent chaque mois à Venerque, depuis plus de vingt ans, des lecteurs : les discussions s'animent autour d'un ouvrage (roman, essai, poésie...) choisi par le groupe, et, occasionnellement, des échanges sont organisés avec des auteurs (Marie Didier, Yves Le Pestipon, Minh Tran Huy, Michel Moner, Violaine Bérot...) Ces réunions sont ouvertes à tous !

poesie

mardi 19 mars 2024

Publié le 4 Mars 2024 par AdminRL dans Poésie

 

mardi 19 mars 2024, 14h-16h
Maison de l'Oustalet (14 avenue du Mont-Frouzi, Venerque)

 

 Nuits de noces / Violaine Bérot, éditions La contre-allée

Nous avons eu le plaisir d’accueillir l’écrivaine Violaine Bérot qui est venue parler avec nous de son œuvre, et notamment de son dernier et bouleversant texte poétique : Nuits de Noces (éditions La Contre allée). 

- Présentation de l'éditeur -

 


 

 

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mardi 16 janvier 2024

Publié le 17 Novembre 2023 par AdminRL dans Poésie

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Prochain rendez-vous :

mardi 16 janvier 2024, 14h-16h
Maison de l'Oustalet (14 avenue du Mont-Frouzi, Venerque)

 

 

thème : poésie (lectures, discussions)

avec Michel Poletto

   

 

 

 


 

 

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Art poétique

Publié le 2 Juin 2021 par AdminRL dans Poésie

Art poétique

 

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

 

Paul Verlaine, Jadis et naguère (1885)

 

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Le vent chaud

Publié le 2 Mai 2020 par AdminRL dans Poésie

Le vent chaud

 

    Le vent chaud !

 

    Le vent chaud est sur moi, il me tient dans son souffle. Maintenant parlerai-je ?

    Certes, je te dirai, ta figure et ta face.

    Comme le bon ouvrier qui tient la pointe et le marteau, qui porte le ciseau,

    qui taille la planche et l'armoire.

   Comme le bon ouvrier, qui a choisi l'arbre et le ciseau, qui fait sauter l'angle et polit la place.

 

    Maintenant c'est moi qui te dirai, ta beauté, ta pensée.

    Ton corps et ton rayonnement. Et l'ombre du sommeil, sur tes yeux et tes mains, 

    c'est moi qui la dirai, la paix du soir.

    Et qui t'emporterai, à travers le temps, plus loin que je n'irai moi-même,

    ta forme et ta durée.

 

    Plus loin que je n'irai, à la grâce du temps, comme le vent qui emporte le cri.

    C'est moi qui te dirai, ton ombre et ton image.

 

    Et le vent chaud m'emportera dans son souffel, moi qui serai ta voix, 

    et toi l'écho de ma pensée.

 

Marcelle Delpastre, traduit de l'occitan (limousin) en français par elle-même.

 

Lo vent chaud

 

    Lo vent chaud !

 

    Lo vent chaud es sus ieu, me ten dins sa bufada. Aura parlarai-ieu ?

    O segur te dirai, ta semblança e ta facia.

    Coma lo bon obrier qui ten la poncha e lo marteu, qui pòrta lo ciseu,

    qui talha la pòst e l'armari.

    Coma lo bon obrier, qu'a chausit l'aubre e lo ciseu, qui fai volar lo pan e ne'n lisa la plaça.

 

    Aura quo es oeu qui te dirai, ta beutat e ta pensada.

    Ton còrs e ta raiada. E l'ombra dau durmir, sus tos uelhs e tas mans,

    quo es ieu qui la dirai la patz de la serada.

    E qui t'emportarai, la trauchada dau temps, pus lonh qu'anirai ieu,

    ta fòrma e ta durada.

 

    Pus long que me'n nirai, a la mercès dau temps, coma lo vent n'empòrta la cridada.

    Quo es ieu qui te dirai, ton ombra e ton image.

 

    E lo vent chaud m'emportara dins sa bufada, ieu qui serai ta votz,

    tu lo resson de ma pensada.

 

 

Marcelle Delpastre

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